«Volta» du Cirque du Soleil au Vieux-Port de Montréal – Bible urbaine

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«Volta» du Cirque du Soleil au Vieux-Port de Montréal

«Volta» du Cirque du Soleil au Vieux-Port de Montréal

La victoire du vélo sur les paillettes

Publié le 30 avril 2017 par Isabelle Léger

Crédit photo : Patrice Lamoureux

Placé sous le signe d’un certain renouveau autoproclamé, le spectacle Volta du Cirque du Soleil fusionne une thématique morale de quête d’authenticité avec une facture axée sur le dynamisme des pulsions de vie davantage que sur la poésie. Dans ce nouvel opus de l’enfant chéri du divertissement québécois, le metteur en scène Bastien Alexandre a misé sur l’intégration de vélos BMX au sol et sur rampe, entre autres pour attirer une nouvelle clientèle, mais également pour rafraîchir la conception que l’on peut se faire des numéros de cirque.

La trame narrative servant de prétexte aux numéros solos, duos ou de groupe est simple mais bien ancrée dans l’air du temps. Propulsé au rang de star par son rôle d’animateur de télé-réalité, un homme marginal décide de retrouver sa vérité oubliée après avoir revisité des souvenirs d’enfance et de jeunesse. Il fera la rencontre d’une tribu d’esprits libres, dont les habits aux couleurs vives et franches contrastent de manière représentative avec les paillettes des vedettes et l’allure morne des automates exclus de la «clique».

Après une ouverture impressionnante mettant la corde à danser à l’honneur sur une musique de M83 tonitruante, on assiste à une suite de tableaux manquant un peu de cohésion et à l’exécution variable. Si des cerceaux hexagonaux ont donné du fil à retordre aux acrobates le soir de la première, en revanche, un pas de deux pour ballerine et flatland est parvenu à river sur lui des centaines de paires d’yeux dans un beau moment de grâce et d’admiration collective. L’esthétique de la direction artistique (Jean Guibert) tirant dans toutes les directions, du point de vue tant visuel que musical, n’est pas étrangère à la recherche de repères des spectateurs en première partie.

Les autres moments forts du spectacle sont sans contredit la prestation ahurissante d’une acrobate aérienne retenue par un câble, attaché non pas à la taille ou au pied, mais au chignon! Dans ce cas-ci, il n’y avait pas que l’admiration qui était collective, la mâchoire décrochée l’était aussi. Sur une note plus sobre et classique, le personnage principal offre une performance solo de danse acrobatique absolument splendide. Enfin, la finale fougueuse et déchaînée sur BMX a réussi à faire lever une foule en délire (ou presque).

Volta applique, grosso modo, les codes du blockbuster moderne sans atteindre toutefois l’unicité qu’apporte parfois, même dans le monde circassien, la créativité lorsqu’elle s’élève au rang d’œuvre d’art. Prouesses techniques et mécaniques (dispositif scénique), costumes éblouissants, musique alternant entre vibrations, intensité sonore et recherche d’émotion, tous les ingrédients y sont sauf, peut-être, l’ingrédient secret, l’inconnu, celui par lequel la magie se manifeste.

L'événement en photos

Par Patrice Lamoureux

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