Woodkid, en concert extérieur au Quartier des spectacles | Bible urbaine

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Woodkid, en concert extérieur au Quartier des spectacles

Woodkid, en concert extérieur au Quartier des spectacles

Des tambours et des stroboscopes

Publié le 27 juin 2014 par Justine Lalande-Church

Crédit photo : Denis Alix et Victor Diaz Lamich

Le Festival international de Jazz de Montréal a misé juste en présentant Woodkid comme spectacle d'ouverture de sa 35e édition, hier soir, sur la grande place des festivals. La température, plutôt maussade lors du coup d'envoi des FrancoFolies il y a deux semaines, était au rendez-vous. L'évènement a attiré une foule monstre qui a recouvert le parterre extérieur et plus encore, débordant de tous les côtés. La performance était à l'image des festivités qui se tiendront jusqu'au 6 juillet prochain: imposante et majestueuse.

«C’est incroyable!», s’est exclamé Yoann Lemoine, l’auteur-compositeur-interprète derrière Woodkid, admirant la marée humaine devant lui. Pour son cinquième passage à Montréal en trois ans, et vêtu d’un pantalon, d’un t-shirt et d’une casquette noirs, le jeune trentenaire français nous en a mis plein la vue avec un spectacle tout de noir et de blanc.

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C’est qu’avant de réaliser un album et de se produire devant des foules, Yoann Lemoine a étudié en graphisme et a réalisé des vidéoclips pour des stars comme Lana Del Rey et Katy Perry. Pas étonnant, donc, que tous les détails étaient calculés et que l’ensemble était très stylisé.

La scène était divisée en trois paliers, le plus haut adossé à l’immense écran derrière, et le plus bas, se prolongeant dans la foule en un corridor. Les projections consistaient en de sublimes images tels des rochers à vol d’oiseau, des cathédrales en contre-plongée, de la fumée épaisse et foncée en mouvement, et des transformers géants. Celles-ci, tout comme la rediffusion du spectacle sur les écrans de chaque côté de la scène, étaient en noir et blanc. Les lumières, de grands cylindres minces faisant penser, à la verticale, à des colonnes de pluie ou à des chutes d’eau, et à l’horizontale, à des lasers, étaient au premier plan. Souvent blanches et parfois mauves, celles-ci dansaient carrément sur le mélange ingénieux des rythmes tribaux, classiques et transes, voire techno.

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Entouré entre autres de deux batteurs, de huit hommes tambours, d’un pianiste également aux machines, d’une section de cuivres et spécialement pour ce spectacle, d’une section de cordes made in Montreal pour reprendre ses mots, Woodkid tenait à mettre de l’avant l’instrumentation de ses compositions de style cinématographique. Il a ainsi profité de cet orchestre pour offrir de nouveaux arrangements. Le résultat était envelopant et percutant.

Sur le titre «Go», les violons nous berçaient et sur «Conquest of Space», la fanfare de tambours, vêtue de noirs des pieds à la tête, est apparue en silhouettes contre l’écran de projection, puis s’est avancée dans la foule pour offrir une impressionnante et dansante chorégraphie de baguettes! Woodkid, gonflé à bloc, se laissait aller à des pas de danse tribaux plutôt extravagants. Il criait souvent hors micro avec la foule, et semblait tout simplement jubiler. En rappel, il a partagé toute l’émotion qui habitait sa bande et lui-même en cette fin de tournée. «J’en perds mes lentilles!», a-t-il lancé, s’essuyant les yeux, visiblement ému. Il a fait chanter les spectateurs sur «Run Boy Run» et un frisson a alors parcouru la place des festivals.

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Tout dans l’univers de Woodkid se prête à un cadre grandiose: sa voix grave et profonde, sa musique fantastique, qui rappelle les jeux vidéos d’aventures, et son esthétique travaillée. Écouter l’album et le voir en spectacle sont deux expériences complètement différentes. La deuxième option offre plus de liberté et de possibilités, deux avantages que Yoann Lemoine sait certainement utiliser à bon escient.

Le Festival de Jazz a fait preuve d’audace en programmant un artiste peu connu de la masse, et Woodkid a certainement su laisser sa marque. Tout le monde est reparti gagnant, surtout le public.

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