«Anne... la maison aux pignons verts» au Théâtre Denise-Pelletier | Bible urbaine

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«Anne… la maison aux pignons verts» au Théâtre Denise-Pelletier

«Anne… la maison aux pignons verts» au Théâtre Denise-Pelletier

La rousse est douce

Publié le 23 décembre 2016 par Pierre-Alexandre Buisson

Crédit photo : Théâtre Denise-Pelletier

Quiconque ayant écouté la télévision dans les années 80, ne serait-ce que distraitement, a déjà aperçu la chevelure de feu d’Anne Shirley, une orpheline rousse, verbomotrice et attachante. Protagoniste d’une série télé adaptée du roman fort populaire de Lucy Maud Montgomery, originalement publié en 1908, Anne fut longtemps un exemple à suivre pour les jeunes lectrices et téléphages canadiennes.

Le Théâtre Advienne que Pourra célèbre avec cette production son 10e anniversaire, changeant légèrement ses habitudes avec une héroïne féminine et une histoire qui célèbre ouvertement la différence et le pouvoir de l’imagination. Un intéressant rappel, ici, à l’imagination du spectateur qui assiste à une pièce et qui doit participer partiellement à la féérie narrative en imaginant une partie de l’action.

La troupe a ses habitudes au Théâtre Denise-Pelletier, y ayant présenté la saison dernière Sherlock Holmes et le chien des Baskerville, et c’est dans la salle Fred-Barry qu’ils ont cette fois-ci installé un décor rustique et imaginatif. On est ici dans le domaine du théâtre pour enfants avec des échos séduisants pour les adultes, et du théâtre d’époque à costumes.

Anne Shirley se retrouve catapultée par erreur dans une famille à laquelle elle n’était pas destinée, dont les membres s’attendaient à adopter un garçon. Ils la trouvent tellement sympathique qu’ils décident de la prendre à l’essai, et le récit s’attardera sur son parcours scolaire et son intégration dans la petite communauté d’Avonlea, sur l’Île du Prince-Édouard.

L’imagination hyperactive et le babil incessant d’Anne font de son interprétation un défi de taille que relève avec brio Paméla Dumont. La candeur et la naïveté sont transmises avec une aisance parfaitement naturelle.

Les acteurs prêtent voix à de multiples personnages sans changer de posture ou de costume, ce qui donne lieu à une intéressante polyphonie, mais qui pourrait possiblement dérouter certains spectateurs. Les décors – une salle de classe, une espèce de dortoir – sont bien faits et axés sur l’aspect fonctionnel, et la conception sonore intègre un thème musical récurrent qui sépare habilement les segments temporels.

La pièce se termine doucement, avec une Anne qui a peut-être trouvé l’amour, mais qui a assurément trouvé sa place dans le monde. On y passe un agréable moment, avec quelques longueurs bien langoureuses, qui nous plongent dans une transe observatrice évoquant nos souvenirs d’enfance, et cette innocence perdus dont il nous arrive parfois de regretter la perte.

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Par Théâtre Denise-Pelletier

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