«Basse-ville» de Thomas Gionet-Lavigne au Théâtre La Licorne | Bible urbaine

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«Basse-ville» de Thomas Gionet-Lavigne au Théâtre La Licorne

«Basse-ville» de Thomas Gionet-Lavigne au Théâtre La Licorne

En un mot... formidable!

Publié le 2 février 2019 par Alexandre Provencher

Crédit photo : Vincent Lafrance

Je vous recommande chaudement de vous procurer des billets pour Basse-ville, cette courte pièce de Thomas Gionet-Lavigne, présentée jusqu’au 15 février à la Petite Licorne. Tout y est: un texte formidable, un trio d’acteurs excellents et en osmose, ainsi qu’une mise en scène simple mais ô combien efficace.

Le Théâtre La Licorne sait s’adjoindre de créateurs et artistes d’exception (espérons que la prochaine direction générale et artistique poursuive cette digne tradition). On y présente des créations audacieuses, mais toujours pertinentes. Pensons à Rabbit, La Meute, Des promesses, des promesses, ou encore La Queen’s: autant de pièces qui savent questionner à leur façon des enjeux actuels de la société.

Dans le cas de Basse-ville, ce n’est pas un enjeu sociétal à proprement dit que l’on explore, mais plutôt notre urbanité, notre solitude, nos rêves de richesse, notre désir de plaire, notre morosité et notre banalité.

Dans ce texte de Gionet-Lavigne, au joual bien appuyé, on est absorbé dès les premières minutes par ce trio loufoque tout droit sorti de la basse-ville de Québec. C’est au moment où deux amies rêvassent d’une vie meilleure, de soirées au cours desquelles l’alcool coule à flots et de one night stand qu’un homme, différent cette fois-ci, vient bousculer ce fragile écosystème qui est le leur.

Durant la pièce, on les suit dans leur pèlerinage philosophique et dans leurs rêveries. Ils s’éveillent tranquillement et comprennent que la vie peut être bien différente… Véritable photographie urbaine, cette pièce est brillamment écrite. Le style est vif et maîtrisé. Le rythme quant à lui, nous captive autant qu’il nous brusque. Il aurait peut-être été préférable que l’auteur ralentisse la cadence de manière à mieux explorer les personnages – celui de Katrine Duhaime notamment – et laisser au spectacle une ou deux minutes de répit.

La mise en scène, également signée par Thomas Gionet-Lavigne, est très simple. Il n’y a pas de flafla, puisqu’un sofa rouge trône seul sur la scène. D’ailleurs, toutes les scènes sont jouées autour de celui-ci. Il se transforme en table de restaurant ou en abribus.

On remarque que le metteur en scène s’adonne à un style très cinématographique. Les scènes sont courtes et sont appuyées par une trame sonore qui meuble les noirs qui les entrecoupent. Un large écran est situé au fond de la salle et projette des vidéos qui permettent de mieux situer les références géographiques. De ce fait, rien n’est laissé au hasard dans cette mise en scène.

Que dire de ce trio de comédiens? Eh bien, Charlotte Aubin, Katrine Duhaime et Jean-Denis Beaudoin forment une équipe du tonnerre. Aubin, quant à elle, nous livre une performance époustouflante.

Son personnage passe par une gamme complète d’émotions – jalousie, angoisse, désespoir, tristesse, etc. – en une heure, et cette grande interprète sait comment maîtriser son art!

Tous ensemble sur scène, ils créent une osmose.

«Basse-ville» de au Théâtre La Licorne en images

Par Vincent Lafrance

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