«Dans la peau de...» Simon Boulerice, auteur d'une comédie un peu triste | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Simon Boulerice, auteur d’une comédie un peu triste

«Dans la peau de…» Simon Boulerice, auteur d’une comédie un peu triste

La pièce «Ta maison brûle» à voir cet été à Carleton-sur-Mer!

Publié le 18 juillet 2019 par Mathilde Recly

Crédit photo : Camille Tellier

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé Simon Boulerice, comédien, romancier, dramaturge, poète et metteur en scène qui s'apprête à présenter sa toute dernière création sur les planches du Théâtre À tour de rôle à Carleton-sur-Mer.

Simon, tu es très certainement l’auteur le plus prolifique du Québec. Selon toi, d’où te viennent cette imagination et cette inspiration inépuisables que tu mets à profit, tant dans l’écriture de pièces de théâtre, de romans, de livres jeunesse ou même de poésie?

«Je suis une éponge. Je m’inspire de tout ce qui m’entoure. Ma propre vie est un matériau que je triture très souvent. Sinon, j’aime vampiriser ma famille autant que mes amis. Et finalement, j’ai une passion pour les faits divers et les chroniques insolites. À partir de toutes ces sources, je m’amuse à absorber mille idées et à les restituer dans mes créations baroques, à la fois intimes et extimes

«Parce que j’embrasse large, je désire autant m’adresser aux plus jeunes qu’aux plus vieux. Et parce que j’aime l’exploration et que je me sens multiple, je compte alterner bien longtemps entre le roman, le théâtre et la poésie

À Carleton-sur-Mer, du 16 juillet au 16 août, le Théâtre À tour de rôle présentera ton plus récent texte Ta maison brûle, une comédie un peu triste. Peux-tu nous résumer l’histoire dans tes propres mots, et surtout nous en dire plus sur le message que tu as voulu faire passer?

«C’est l’histoire de Murielle, une veuve de 61 ans qui n’accepte pas de couper les ponts avec la maison dans laquelle elle a élevé ses deux filles. Cette maison est barricadée et condamnée à être brûlée depuis que la mérule pleureuse, un redoutable champignon, s’attaque à sa fondation. Or, en compagnie de ses filles et de sa belle-sœur, Murielle décide d’y faire un repas commémoratif et de rendre ce moment inoubliable d’une bien étrange manière.»

«La pièce dérape dans la fantaisie, ou mieux: dans un réalisme magique, mâtiné d’hallucinations collectives. Dans cette œuvre bienveillante, je cherche à disséquer les complexes liens familiaux, à célébrer l’amour sororal et à honorer la théâtralité de cette mère-courage nouveau genre, imparfaite, aimante, joueuse et infiniment drôle. J’y défends aussi une idée qui m’obsède depuis deux ou trois ans: nous avons tous habité une maison qui à présent nous habite.»

Dans quel contexte as-tu été amené à collaborer avec ce théâtre gaspésien et avec Édith Patenaude, aujourd’hui artiste associée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, qui signe la mise en scène de ce spectacle?

«C’est Édith qui m’a approché. On lui a offert de faire la mise en scène d’une pièce, et elle m’a proposé de l’écrire. Édith est une artiste que j’ai le privilège d’admirer depuis que je suis tout jeune. Nous avons le même âge et elle est ma cousine. J’ai été présent tout au long de sa vie. Elle a même été ma colocataire, et c’est avec elle que j’ai présenté mes scènes d’audition pour rentrer dans les écoles de théâtre.»

«Nous avons été pris dans des écoles différentes, ce qui nous a éloignés un certain temps. Depuis notre sortie d’école, nous avons fait quelques petits projets ensemble, mais cette pièce, c’est notre première réelle collaboration auteur/metteuse en scène. Et ça me rend très heureux, car Édith, c’est de la vivacité et de la sensibilité en fût. Je suis en totale confiance avec elle. Et en plus, c’est produit par le Théâtre À tour de rôle, dirigé par Dany Michaud que j’aime tant! Quel beau prétexte pour passer l’été en Gaspésie!»

Y a-t-il eu des défis particuliers que tu as rencontrés pendant le processus d’écriture, ou au contraire tout a été limpide, dès lors que tu avais imaginé les grandes lignes de l’intrigue?

«Je voulais écrire une pièce de théâtre pour faire irradier sur scène des femmes fortes, drôles, vives et complices. J’aime écrire pour les femmes à qui je prête souvent davantage de théâtralité. Je pars de mon microcosme: ma mère a toujours eu tendance à être truculente et flamboyante dans les soupers de famille. La Murielle de ma pièce, incarnée par Micheline Bernard, est un croisement entre ma mère et ma tante, la mère d’Édith.»

«Ma première version a été plutôt limpide, mais elle s’est bonifiée grâce aux lectures éclairantes d’Édith et de Paul Lefebvre, mon conseiller dramaturgique.»

Toi qui sembles très occupé et en constante ébullition dans le milieu de la création artistique québécoise, peux-tu nous dire s’il y a d’autres projets en particulier qui vont occuper ton été? On veut tout savoir!

«J’ai un été plutôt chargé. Je poursuis l’écriture de Passe-Partout, je m’attèle à l’écriture d’une nouvelle pièce et d’un prochain roman, en plus de scénariser seul un nouveau projet télé et de plancher sur un balado avec mon BFF

«Et au mois d’août, on reprend les tournages de Cette année-là à Télé-Québec. D’ici là, j’ai la chance d’être le porte-parole du tout premier Festival de littérature jeunesse de Montréal, en plus d’être co-parole (avec mon amie Émilie Perreault) du fabuleux festival Fous de théâtre à L’Assomption, du 14 au 17 août. Un été de lecture, d’écriture et de théâtre, donc!»

Pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

*Cet article a été produit en collaboration avec le Théâtre À tour de rôle.

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