«Dans l’envers du décor»: le scénographe Jean Bard | Bible urbaine

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«Dans l’envers du décor»: le scénographe Jean Bard

«Dans l’envers du décor»: le scénographe Jean Bard

Paresse intellectuelle interdite!

Publié le 25 juin 2019 par Alice Côté Dupuis

Crédit photo : Michèle Poulin

Chaque mois, Bible urbaine s’entretient avec un artiste-concepteur du milieu théâtral afin d’en connaître davantage sur les métiers de l'ombre nécessaires à la présentation d’une pièce de théâtre. On souhaite ainsi mettre en lumière le quotidien de ces artistes qui oeuvrent avec passion dans l’envers du décor, et aussi faire découvrir ce qui fait l’unicité de leur travail. Ce mois-ci, on a poussé la curiosité jusqu’à interviewer le scénographe Jean Bard, qui oeuvre sur les scènes montréalaises depuis plus de 25 ans.

Jean, on aimerait que tu nous racontes comment tu as eu l’appel de la scénographie. Comment est-elle arrivée dans ta vie?

«J’ai étudié en arts plastiques au cégep, puis en littérature à l’université (avant de faire l’École nationale de théâtre du Canada). Il était donc normal et conséquent de faire un métier qui allie visuel et littéraire. Aussi, j’ai rencontré étant jeune des mordus de théâtre!»

En tant que scénographe avec plus de 25 ans de métier, est-ce que tu as le loisir d’arriver avec une proposition que tu as façonnée seul avec le texte, ou c’est toujours un travail d’équipe avec les autres créateurs et le metteur en scène?

«Les conditions sont assez différentes d’une production à l’autre – certains metteurs en scène ayant davantage de vision de ce qu’ils veulent; mais c’est assez rare. Mon travail se fait au contact du texte, toujours; je garde toujours une grande proximité avec le texte. La plupart des ébauches de mes scénographies sont de petits croquis en marge des textes. C’est là qu’apparaissent les choses.»

Pièce «Le prince des jouisseurs» au Théâtre du Rideau Vert. Crédit: François Delagrave.

Comment conçois-tu tes scénographies et par quoi te laisses-tu inspirer pour ton travail?

«Difficile à cerner; chose certaine, j’évite de faire de longues recherches historiques. Le travail du scénographe n’en est pas un d’historien et de documentaliste. Je préfère transposer ce que m’inspire le texte; le vertige, l’infini, l’étouffement, par exemple. J’essaie de transposer des émotions.»

À quoi ressemble une journée typique pour toi en tant que scénographe? Fais-nous un petit récit des grandes lignes pour que l’on comprenne bien ton quotidien!

«Dans l’ordre: proximité avec le texte; le lire plusieurs fois. Croquis. Rencontres avec le metteur en scène. Puis, travail de dessin technique (plan et élévation) en même temps que le travail en carton – maquette en trois dimensions. Suivent la palette de couleur, les textures. Et plusieurs réunions de production pour vérifier que les choses sont possibles; l’argent… le nerf de la guerre…»

Pièce «La dame aux camélias» au TNM. Crédit: Yves Renaud.

Quels ont été tes plus grands défis à relever en carrière? 

«Durer! Et travailler avec Juste pour rire…»

Est-ce qu’il y a une ou quelques productions sur lesquelles tu as travaillé dont tu es particulièrement fier ou qui t’ont particulièrement marqué?

«La Dame aux Camélias (TNM), Ubu Roi (TNM) et, de façon générale, mon travail avec Claude Poissant. Mais avec d’autres aussi; le plaisir de travailler avec Denise Filiatrault est différent de celui de travailler avec René-Richard Cyr, mais tout aussi réel. Ce sont des registres différents.»

Pièce «Ubu Roi» au TNM. Crédit: Yves Renaud.

Qu’est-ce ce qui fait ta particularité comme scénographe, selon toi, et qu’est qui fait que ta signature visuelle est reconnaissable?

«Pas trop reconnaissable, justement; je crois qu’il faut mettre son style derrière les impératifs du texte. Le souci qui est constant dans ma démarche est d’être content de ce que je suis en train de faire, d’avoir l’idée que ce que je fais était la bonne chose à faire. Paresse intellectuelle interdite!»

Dans quel(s) projet(s) pourrons-nous voir ton travail prochainement, si ce n’est pas un secret d’État? 

«Le bizarre incident du chien pendant la nuit est en reprise jusqu’au 10 août au Théâtre Gilles-Vigneault à Saint-Jérôme».

«La saison prochaine, il y aura Knock de Jules Romains au Théâtre du Nouveau Monde – je suis très content de cette scéno! Aussi, chez DUCEPPE, je travaille sur Disparu.e.s, et, de retour au TNM, sur Nelligan (l’opéra).»

Surveillez notre prochaine chronique «Dans l’envers du décor» à paraître le 29 juillet 2019. Pour lire nos précédentes entrevues, c’est par ici!

L'événement en photos

Par François Delagrave, Yves Renaud

  • «Dans l’envers du décor»: le scénographe Jean Bard
    La pièce «Impromptu» au Théâtre du Rideau Vert. Crédit: François Delagrave.
  • «Dans l’envers du décor»: le scénographe Jean Bard
    Crédit: Yves Renaud
  • «Dans l’envers du décor»: le scénographe Jean Bard
    «Les Belles-Soeurs». Courtoisie de Jean Bard.

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