«Dans l'envers du décor»: Marie-Renée Bourget Harvey, scénographe | Bible urbaine

Théâtre_

«Dans l’envers du décor»: Marie-Renée Bourget Harvey, scénographe

«Dans l’envers du décor»: Marie-Renée Bourget Harvey, scénographe

Un métier qui a une sainte horreur de la routine!

Publié le 18 février 2020 par Éric Dumais

Crédit photo : Marie-Renée Bourget-Harvey

Chaque mois, Bible urbaine s’entretient avec un artiste-concepteur du milieu théâtral afin d’en connaître davantage sur les métiers de l'ombre nécessaires à la présentation d’une pièce de théâtre. On souhaite ainsi mettre en lumière le quotidien de ces artistes qui œuvrent avec passion dans l’envers du décor, et aussi faire découvrir ce qui fait l’unicité de leur travail. Ce mois-ci, on a poussé la curiosité jusqu’à interviewer Marie-Renée Bourget Harvey, dont vous pourrez admirer le travail dans la pièce Les enfants de Lucy Kirkwood, présentée du 26 février au 28 mars chez Duceppe.

Marie-Renée, on aimerait que tu nous racontes comment tu as eu l’appel de la scénographie; comment est-elle arrivée dans ta vie?

«En fait, je ne sais pas si on peut nommer cela un appel (pas pantoute, en fait!) Je dirais plus que c’est une surprise, ou une erreur de parcours qui s’est avérée une agréable découverte. Disons que je ne me suis jamais dit que je voulais devenir scénographe. J’ai toujours aimé beaucoup de choses, je suis très curieuse et j’avais beaucoup de difficulté à choisir un métier. Voilà ce qui explique que je sois à la base designer graphique et que j’aie étudié en anthropologie ainsi qu’en arts visuels à l’université.»

«C’est une amie à l’époque qui me disait que je devais aller passer mes auditions au Conservatoire. De mon côté, je n’allais pas vraiment voir de théâtre, je ne comprenais pas tant ce que c’était que d’être scénographe, mais elle insistait, et ça m’a trotté dans la tête sans que je sache trop pourquoi. J’ai donc décidé d’aller passer les auditions, surtout pour m’enlever cela de l’esprit, et pour enfin passer à autre chose. Comble de malheur, j’ai été choisie! Je me sentais extrêmement mal, j’avais l’impression de prendre la place de quelqu’un qui désirait vraiment faire ce métier, et en plus, je venais de décider de me diriger vers la muséologie…»

«Bref, je ne savais pas trop quoi faire, des choix s’imposaient. J’ai donc décidé d’y aller, surtout pour ne pas avoir de regret, et comme la première année en est une de probation, je me disais que si ça n’allait pas, j’allais être remercié assez rapidement, merci! Mais voilà qu’à peine deux semaines après le début des classes, j’étais complètement mordue!»

«Fendre les lacs», écrite et mise en scène par Steve Gagnon, au Théâtre Aux Écuries. @Daphné Caron

En tant que scénographe, est-ce que tu façonnes une proposition seulement à partir du texte ou il s’agit toujours d’un travail d’équipe avec les autres créateurs et le metteur en scène?

«Indéniablement, il s’agit toujours d’un travail d’équipe. J’adore m’abreuver et m’inspirer des discussions que nous avons avec le metteur en scène ainsi qu’avec les autres concepteurs. La vision de nos collègues est toujours tellement inspirante et il est sain d’être confronté par les visions des autres. Bien entendu, le texte (lorsqu’il y en a un en début de création!) est toujours le point de départ. Je mets un point d’honneur à le chérir, à le respecter et à m’assurer que ce que je crée, ou ce que nous avons créé, soit au service du texte et des comédiens. Mais il y a aussi un moment où il faut faire un lâcher-prise sur le texte et voir ce qui reste imprégné en nous.»

Comment conçois-tu tes scénographies et par quoi te laisses-tu inspirer pour ton travail?

«Je dirais que tout m’inspire! Ça peut paraître un peu simpliste, mais c’est vrai. Le quotidien m’inspire, les petits détails, l’ombre sur un mur, la configuration d’un coin d’architecture, la texture d’une matière… Parfois, ce sont les paroles d’une personne qui me mettent sur la bonne voie, parfois c’est une lecture… c’est assez éclectique comme types d’inspirations, comme vous voyez!»

«Je suis aussi plusieurs artistes en arts visuels et en danse. J’aime beaucoup les artistes qui travaillent en installations ou avec des accumulations, je sens une parenté ou plutôt une affinité, une parole de la même famille. Les installations qui utilisent des accumulations me bouleversent, car elles décuplent et transforment le sens et nous transportent plus loin et plus profondément. J’ai aussi tendance à utiliser moi-même les accumulations ou les silences, de même que les espaces épurés dans mes créations, afin de créer du sens.»

«Macbeth» de Shakespeare, dans une mise en scène de Marie-Josée Bastien, au Trident. @Stéphane Bourgeois

À quoi ressemble une journée typique pour toi en tant que scénographe? Fais-nous un petit récit des grandes lignes pour que l’on comprenne bien ton quotidien!

«Je dirais qu’il est très difficile de décrire une journée typique dans ce domaine, car il s’agit justement d’un métier qui a une sainte horreur de la routine!»

«Disons d’emblée qu’il y a, à la base, une bonne gestion à considérer au cœur de nos semaines, étant donné que, comme nous sommes travailleurs autonomes, que nous engageons des collaborateurs et que nous gérons aussi des budgets, cet aspect n’est pas négligeable. Nous devons être vigilants et bien organiser notre horaire avec ce que j’appelle la «poutine» interne (facturation, taxes, négociations de contrats, suivis chez les fournisseurs et ateliers, gestion des trop nombreux courriels, etc.). On est une genre de petite «PME» artistique, en fait!»

«Puis il y a les suivis artistiques avec les metteurs en scène, directeurs artistiques et autres concepteurs. Il n’est pas rare d’avoir quelques réunions de conception par semaine afin de s’assurer d’un bon suivi sur les projets. Lorsque le projet entre en phase de répétition, il y a des suivis en salle pour suivre adéquatement le projet et faire les changements nécessaires (lorsque c’est encore possible!)»

«Il y a aussi tout le temps consacré à la recherche. La lecture des textes, des livres sur des sujets connexes, la recherche d’images et d’inspiration, la mise à jour des matériaux, des logiciels, des techniques… On peut aussi penser aux laboratoires en recherche et en créations afin de tester des idées, des mouvements, des espaces et des matériaux.»

«Ce que je préfère? L’espace-temps dédié à la création. Les recherches d’idées, les esquisses préliminaires et finales, les maquettes pour les volumes, et surtout le fait de bien comprendre les déplacements ainsi que les plans de construction. Ces moments, je les travaille autant à la maison, à l’atelier ou même dans un café. J’apprécie beaucoup le fait de travailler où bon me semble.»

«Puis, il y a les semaines très intensives d’entrée en salle où tous se rassemblent, où tout se met en place, afin de créer le spectacle qui sera présenté aux spectateurs, et où la rencontre aura enfin lieu! Une semaine qui commence habituellement très tôt et qui se termine très tard, et où l’adrénaline est dans l’piton! Une semaine où le groupe se soude davantage et où les ajustements se font jusqu’à la dernière minute (et parfois au-delà!)»

«Ensuite, il y a la rencontre avec le public, la représentation et la communion-célébration, tous ensemble, afin de bien marquer ce groupe unique. Ce métier est parsemé de rencontres et de séparations. Pour de courts instants, nous devenons de petites cellules soudées, puis nous allons créer avec d’autres, mais en gardant, à chaque fois, des empreintes plein le cœur et plein la tête.»

«Tom à la ferme» de Michel-Marc Bouchard, dans une mise en scène de Marie-Hélène Gendreau, à La Bordée. @Dominic Lemieux

Quels ont été tes plus grands défis à relever en carrière? 

«Je dirais d’emblée que mon plus grand défi est de continuer à faire ce métier!»

«Ce défi, il est global. Je me retrouve sans cesse en remise en question depuis ma sortie du Conservatoire (et bien avant, pour être honnête!). Est-ce que je continue? Est-ce que tout cela a un sens? Est-ce que l’art peut vraiment éveiller, transformer l’humain?  Est-ce la manière que j’ai trouvée d’être utile à la société? Est-ce que je suis utile à la société? Comment puis-je faire pour que mes valeurs environnementales soient en cohérence avec ma profession?»

«En effet, comment je fais? Cette question est g-i-g-a-n-t-e-s-q-u-e! Elle prend presque toute la place, elle m’obsède littéralement. En octobre dernier, j’ai justement terminé un certificat en design de bâtiment écologique avec Solution Era, car je ne pouvais plus nier ce besoin de faire plus (ou moins, c’est selon l’angle et le point de vue) et d’être une meilleure citoyenne. Ça a transformé ma manière de concevoir presque tout dans ma vie. En ce moment, c’est réellement l’aspect environnemental qui bouleverse le plus ma conception du métier de scénographe. Je tente d’avoir une pratique écoresponsable depuis très longtemps, mais le chemin n’est pas tracé ou aisé, il est entrain de se modeler à ce moment même et il est en confrontation avec des intérêts financiers, avec des visions fermées et égocentriques.»

«J’espère sincèrement que, très rapidement, nous considérons l’aspect environnemental de la même manière et avec le même intérêt que nous le faisons avec l’aspect financier. Nous changeons nos projets pour des considérations budgétaires, alors pourquoi ne pas commencer à le faire pour des considérations environnementales et humaines? Car parler de l’environnement, c’est aussi et surtout parler de l’aspect humain. C’est de mettre l’humain au centre de nos choix. De le respecter, de lui permettre d’avoir une vie saine et d’envisager un futur digne de ce nom.»

«Lorsque je parle de mettre l’humain au centre, je ne parle pas de mettre tout son écosystème à part, mais bien de voir tout cela comme un tout (comme les principes de la permaculture le font, par exemple). Je crois que c’est important de comprendre que nous sommes tous reliés et que nos actions ont des répercussions sur la globalité de ce qui peuple la planète. J’aime l’idée de réfléchir avec une vision qui s’approche des Premières Nations en tenant compte de soi-même, du groupe et de l’environnement, ainsi que des sept générations à venir. Cela change impérativement la manière de prendre des décisions et de percevoir nos actions.»

«J’aime aussi de me rappeler, par exemple, que le bout de bois n’est pas qu’un 2×4. C’était un arbre, un organisme vivant qui a pris des années à pousser, qui a nourri et drainé le sol, abrité des êtres vivants… Il mérite le respect, tout comme vous.»

«Et, pour vrai, je ne fais pas la morale; je fais plein d’erreurs, parfois trop souvent à mon goût. Je n’arrive pas à avoir une approche qui correspond à mes valeurs. Parfois, je fais de bons coups, parfois non, et cela malgré mes bonnes intentions. Mais en ce moment, la différence avec avant, c’est que je le ressens physiquement lorsque je ne suis plus aligné avec mes valeurs; c’est douloureux, et la chose aussi, c’est que si le milieu ne change pas assez rapidement, je crains d’avoir de la difficulté à continuer à créer ainsi.»

«Quand la pluie s’arrêtera» d’Andrew Bovell, dans une mise en scène de Frédéric Blanchette, à Duceppe et Trident. @Daphné Caron

Est-ce qu’il y a une ou quelques productions sur lesquelles tu as travaillé dont tu es particulièrement fière ou qui t’ont particulièrement marquée?

«Je suis privilégiée! J’ai eu le bonheur de participer à de très belles créations sur plusieurs scènes. Elles m’ont toutes marquée à leur manière; j’ai appris de chacune d’elles, parfois un peu à la dure! Je dirais que les projets que je retiens et qui m’ont le plus marquée le sont davantage par les rencontres humaines qui les définissent.»

«Naturellement, je reviens à la dernière production qui vient de prendre son envol. Non pas parce qu’il s’agit de la plus récente, mais plutôt parce que je sais qu’il y a une Marie-Renée avant ce projet et une Marie-Renée après celui-ci. Il s’agit de Errance sans retour présenté au Musée national des beaux-arts. Il m’a été impossible de refuser ce projet, il était trop important humainement et socialement parlant. Ce projet, c’est la raison pour laquelle je continue de faire le métier de scénographe. Pour participer à ajouter du sens, pour transmettre un message important, pour être utile à la société, pour créer de la poésie chargée d’un sens plus grand que nous. Cette exposition, chapeautée avec intelligence et humanité par les  documentaristes Mélanie Carrier et Olivier Higgings, en collaboration avec le photographe Renaud Philippe, nous plonge au cœur du plus grand camp de réfugiés au monde. Celui qui rassemble, apatrides, sans possibilité de quitter ce lieu clos, plus de 700 000 Rohingyas.»

«Avec Mélanie et Olivier, ce fut un coup de foudre humain, et juste pour cela, toute l’énergie déployée à ce projet en valait tous les efforts. Ces deux êtres donnent littéralement foi en l’humanité, ce sont des êtres d’exception, conjugués à une rigueur artistique et intellectuelle. Ils m’ont poussée à devenir une meilleure créatrice, une meilleure citoyenne, un meilleur être humain.»

«Ce métier, quoiqu’exigeant, nous permet ces rencontre set ces remises en question hors du temps, hors du quotidien, qui nous transforment bien malgré nous.»

Qu’est-ce ce qui fait ta particularité comme scénographe, selon toi, et qui fait que ta signature visuelle est reconnaissable?

«La vérité, c’est que je ne sais pas si j’ai une signature visuelle, et je me trouve très mal placée pour avoir une opinion là-dessus. Disons que je manque de recul pour répondre adéquatement à cette question.»

«Ce que j’aime vraiment, c’est l’idée de créer de la poésie sans mot; c’est de toucher et d’ajouter du sens à une œuvre. J’aime prendre des risques, me questionner et chercher le chemin pour me rendre aux spectateurs, mais pas de la manière qu’ils s’y attendent.»

Mais attention, je cherche avant tout la cohérence et la justesse avec l’œuvre. Je ne cherche pas à épater ou à ce que l’on trouve le résultat beau. Et en fait, c’est quoi, la beauté? La vérité, c’est que je cherche à me rendre au cœur par un moyen détourné. Je veux que les gens ressentent des choses, qu’ils se questionnent. Je les trouve intelligents, je leur parle donc avec intelligence, cette sorte d’intelligence globale, sans mot. (Je ne dis pas ici que je réussis nécessairement, mais c’est ce que j’essaie de faire!)»

«Je me rends compte que c’est un peu intense et que je suis un peu intense par la même occasion!!! Oups! Mais c’est correct, c’est aussi une manière de me rendre compte que je me fie beaucoup à mon «intuition», aux feelings dans la création. Souvent, je ne peux pas expliquer tout de suite et de manière intellectuelle la raison pour laquelle je crée d’une certaine manière; je le ressens dans mon corps avant de l’intellectualiser ou même de pouvoir le verbaliser à mes collaborateurs.»

«Ce que j’aime aussi, c’est l’idée de travailler avec la matière de base, les matériaux bruts, recyclés, revalorisés, et de les respecter. Je trouve primordial de me rappeler d’où vient la matière, mais aussi d’avoir en tête toute l’énergie que l’on a dû déployer afin qu’elle se rende à nous. Et surtout, je ne veux pas que son utilisation soit vaine, qu’elle soit jetée après; je cherche, avec beaucoup d’énergie, à lui permettre de vivre le plus longtemps possible; je cherche à augmenter son cycle de vie. Je crois que cette facette de mon travail, qui est au cœur, commence peut-être, malgré moi, à devenir ce que nous pourrions qualifier ici de «signature»!»

«Incendies» de Wajdi Mouawad, dans une mise en scène de Marie-Josée Bastien, au Trident. @Stéphane Bourgeois

Dans quel(s) projet(s) pourrons-nous voir ton travail prochainement, si ce n’est pas un secret d’État?

«Il y a en effet quelques petits secrets d’État à venir que je dois garder pour moi pour le moment… Mais de très beaux secrets d’État qui seront dévoilés en temps et lieu!»

«Sinon, en ce moment, au Musée national des beaux-arts de Québec (MNBAQ) il y a l’exposition Errance sans retour dans l’espace des cellules de l’ancienne prison dont je vous parlais précédemment. L’exposition est très intelligemment créée, elle conjugue beauté et vérité, il est impossible d’en sortir sans être touché par sa grande humanité.»

«Et le bonus, c’est qu’elle est gratuite et qu’elle dure jusqu’en janvier 2021.»

«À la fin février, il y a Les enfants chez Duceppe. C’est une pièce qui s’inspire de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Un huis clos qui soulève autant des enjeux environnementaux que familiaux. Je dirais même que ça nous renvoie à notre devoir de citoyen, d’humain, oui, vraiment humain. C’est très bien écrit et très bien joué, ficelé finement. Ça nous fait franchement rire et puis ça nous touche profondément. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que ça vient nous questionner de façon intelligente par rapport à nos choix et à nos impacts sur la planète, et ce, sans jamais être moralisateur.»

«En avril, au Théâtre du Trident, je fais partie de l’équipe d’Eldorado, l’adaptation du roman de Laurent Gaudé, qui traite du sujet des migrants. Nous suivons en parallèle plusieurs histoires sur deux continents. Il y a un fil fragile, tendu, délicat et résolument humain, qui peut céder à tout moment, lorsque l’on crée autour d’un sujet d’une telle complexité, d’une telle humanité, d’une telle importance. Cette histoire nous montre un regard extérieur à la crise (auquel il est possible de se retrouver en tant qu’Occidentaux) et de nombreux regards intérieurs qui nous chavirent. Il y a un grand souci de tous les protagonistes de ce projet à raconter cette histoire en demeurant totalement humbles, sincères et honnêtes. Il faut seulement permettre à ces mots d’être portés avec amour, simplicité et respect pour qu’ils se rendent jusqu’au public.»

«Bien humblement et en toute franchise, je réalise toute la chance et le privilège que j’ai de collaborer avec des êtres humains d’exception, mais aussi de pouvoir créer sur des projets qui sont chargés de sens, qui vont à la rencontre de l’autre, qui sont ouverts, qui lui tendent la main. Parce qu’en fait, à la base, nous ne sommes que des êtres humains qui veulent aller à la rencontre d’autres êtres humains. La création ne diffère pas de cela. Sans rencontre, l’art, le théâtre, tout comme la vie, n’ont pas de sens. Ils n’existent tout simplement pas l’un sans l’autre.»

Du 26 février au 28 mars, on vous suggère de venir admirer le travail de la scénographe Marie-Renée Bourget Harvey dans la pièce «Les enfants» de Lucy Kirkwood, dans une mise en scène de Marie-Hélène Gendreau. Pour lire nos précédentes chroniques «Dans l’envers du décor»c’est par ici!

*Cet article a été produit en collaboration avec Duceppe.

Nos recommandations :

Vos commentaires

Revenir au début