«Dans l’envers du décor»: Renaud Pettigrew, concepteur lumière | Bible urbaine

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«Dans l’envers du décor»: Renaud Pettigrew, concepteur lumière

«Dans l’envers du décor»: Renaud Pettigrew, concepteur lumière

L'art de l'ombre et de la lumière

Publié le 29 septembre 2020 par Vincent Gauthier

Crédit photo : Renaud Pettigrew

Chaque mois, Bible urbaine s’entretient avec un artiste-concepteur du milieu théâtral afin d’en connaître davantage sur les métiers de l'ombre nécessaires à la présentation d’une pièce de théâtre. On souhaite ainsi mettre en lumière le quotidien de ces artistes qui œuvrent avec passion dans l’envers du décor, et aussi faire découvrir ce qui fait l’unicité de leur travail. Aujourd’hui, on a poussé la curiosité en interviewant le concepteur lumière Renaud Pettigrew, qui a travaillé sur une multitude de projets créatifs qui témoignent d'une grande curiosité et d'une approche diversifiée fort intéressante.

Renaud, on aimerait que tu nous racontes comment tu as eu l’appel pour la conception lumière au théâtre, en danse et en musique; comment est-elle arrivée dans ta vie?

«Je pratique le théâtre depuis le plus loin que je peux me rappeler. Un peu comme tous les gamins, je voulais devenir comédien. Au secondaire, lors d’une production de théâtre, on m’a demandé de faire l’opération des éclairages et j’ai eu un coup de foudre pour les disciplines de l’ombre. Tout s’est confirmé à ce moment-là.»

«Après un court passage à l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, j’ai fait le programme de production et création de l’École nationale de Théâtre du Canada. Depuis, je travaille sur les scènes d’ici et d’ailleurs.»

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«La nuit du 4 au 5», une création de Rachel Graton. Photo: Phillipe Latour

En tant que concepteur lumière, est-ce que tu façonnes une proposition seulement à partir du texte ou il s’agit toujours d’un travail d’équipe avec les autres créateurs et le metteur en scène?

«Le texte est la base du travail, mais la vision du metteur en scène l’est tout autant. Avant de me lancer dans un projet, j’ai une discussion avec le metteur en scène pour comprendre sa vision du projet. J’aime être impliqué dès le départ. Mon travail se fait aussi en lien avec celui qui s’occupe de la scénographie, et vice versa.»

«Au fil des années, on a la chance de retrouver des collègues créateurs sur différents projets, et je crois que ça teinte le résultat. On a plus de facilité à faire avancer le projet encore plus loin. J’aime aussi m’inspirer des directions musicales qu’un projet peut prendre. Ça m’inspire beaucoup.»

Comment penses-tu tes conceptions et par quoi te laisses-tu inspirer dans le cadre de ton travail?

«La vie en générale m’inspire. Je m’inspire beaucoup de photos, d’images et de la lumière du quotidien. Il y a des artistes que je chéris beaucoup comme James Turrel ou Olafur Eliason.»

«La conception débute par une lecture du texte et par des échanges entre le scénographe et le metteur en scène. Par la suite, je me lance dans la recherche d’images et de couleurs. Le gros du travail se fait lorsque j’ai vu une répétition. C’est à ce moment-là que la plupart de mes idées se valident. Avec les logiciels d’aujourd’hui, lorsque je fais mon plan d’éclairage, je peux avoir une idée générale sur le produit final, ce qui valide beaucoup d’idées avant l’installation et la programmation des éclairages.»

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«Fente-toi!» d’Isabelle Boulanger. Photo: A. Boulanger.

À quoi ressemble une journée typique pour toi en tant que concepteur lumière? Fais-nous un petit récit des grandes lignes pour que l’on comprenne bien ton quotidien!

«Aucune journée n’est pareille. Quand je ne suis pas en salle pour préparer un spectacle, mon temps est partagé entre beaucoup de réunions, des essais, des répétitions ou du travail de conception et d’entrée en salle. Parfois, tout ça dans une même journée. Il y a parfois de grands moments sans rien, et parfois, c’est l’inverse, où tout se passe en même temps.»

On sait que tu t’es tout récemment occupé de la conception lumière de la reprise du spectacle Toutes les choses parfaites, qui sera présenté du 9 au 27 septembre au Théâtre Duceppe. Peux-tu nous parler des défis que tu as eu à relever dans le cadre de cette production ou d’une autre qui te vient en tête?

«Le spectacle Toutes les choses parfaites, c’est comme mon «Broue». On a créé le spectacle dans le cadre des [email protected] du Théâtre La Licorne avec la compagnie Lab87. Lors de la nomination au poste de directeur artistique de Duceppe, Jean-Simon Traversy et David Laurin ont décidé de reproduire l’événement dans les coulisses du plateau de scène de Duceppe.»

«La version 2020 sur le plateau de Duceppe est la cinquième monture du projet. Le travail s’est fait en continuité à partir du travail de conception débuté au Théâtre La Licorne. Notre défi était de bien rendre ce spectacle intime sur un grand plateau, tout en gardant le côté enveloppant que le spectacle propose. Et le défi a été relevé.»

«Toutes les choses parfaites» de Duncan Macmillan. Photo: gracieuseté de la production)

 

Est-ce qu’il y a une ou quelques autres productions sur lesquelles tu as travaillé dont tu es particulièrement fier ou qui t’ont particulièrement marqué?

«J’ai eu la chance de grandir artistiquement avec Jean-Simon Traversy. On a créé plus d’une dizaine de spectacles ensemble. Un des spectacles qui m’a rendu le plus fier, c’est le travail fait sur le solo de Fanny Bloom, un spectacle tout en simplicité où Fanny et son piano étaient entourés de lumière dans une installation. Malgré le fait que c’était un spectacle solo, elle n’était jamais seule grâce à cette structure lumineuse.»

Qu’est-ce ce qui fait ta particularité comme concepteur lumière, selon toi, et qui fait que ta signature visuelle est reconnaissable?

«C’est une bonne question. Quand je regarde mon travail, je sens ma signature. Je crois que mon approche de la lumière et la ligne parfois mince que j’applique entre l’ombre, la direction et l’équilibre de la lumière fait que c’est reconnaissable. J’aime aussi faire apparaitre des sources lumineuses dans des endroits que l’on ne soupçonne pas.»

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«Le terrier» de David Lindsay-Abaire. Photo: Caroline Laberge

Dans quel(s) projet(s) pourrons-nous voir ton travail prochainement, si ce n’est pas un secret d’État?

«Bien qu’il y a des projets dont je ne peux parler pour le moment, il y aura prochainement le spectacle King Dave, qui sera présenté au théâtre Jean Duceppe dès que la situation sanitaire le permettra. On pourra aussi voir prochainement mon travail sur le spectacle Hedwig et le pouce en furie, qui sera normalement présenté en 2021. J’ai tout plein de projets en cours de route pour 2020-2021, si la situation autour de la pandémie nous le permet.»

 Pour lire nos précédentes chroniques «Dans l’envers du décor»c’est par ici!

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