«Glengarry Glen Ross» de David Mamet au Théâtre du Rideau Vert | Bible urbaine

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«Glengarry Glen Ross» de David Mamet au Théâtre du Rideau Vert

«Glengarry Glen Ross» de David Mamet au Théâtre du Rideau Vert

Tous les coups sont permis!

Publié le 5 février 2016 par Sara Thibault

Crédit photo : François Laplante-Delagrave

Durant tout le mois de février, le Théâtre du Rideau Vert nous transporte dans le North Side de Chicago, à l’heure où les Men Machine font place aux fonctionnaires. Œuvre majeure de l’auteur américain David Mamet, Glengarry Glen Ross raconte le combat de quatre vendeurs immobiliers prêts à tout pour atteindre le haut du palmarès des ventes et pour regagner leur place au sein de l’entreprise.

En plus de la justesse du portrait que dresse Mamet du milieu des agences immobilières durant les années 1980, Glengarry Glen Ross tient sa force d’une langue crue et directe qui donne lieu à de redoutables joutes verbales. À cet effet, la nouvelle traduction, réalisée par Denis Bouchard et Frédéric Blanchette, est impeccable et reproduit tout à fait l’esprit et l’humour de l’œuvre originale. Une scène entre Moss (Fabien Cloutier) et Aaronow (Mani Soleymanlou) est particulièrement savoureuse, alors que les deux hommes planifient leurs prochaines magouilles autour d’une bière au resto asiatique. Malgré une assurance apparente et des autocongratulations faciles, les personnages font bien sentir qu’ils peinent à se sortir d’un engrenage qui les prend à la gorge.

Éric Bruneau est plus vrai que nature dans la peau de Roma, le top vendeur prétentieux et cynique qui courtise ses clients à coups de fausses promesses. Très élégant et charismatique, il incarne la catégorie de courtiers immobiliers motivés par la compétition et pour qui la vente est une véritable passion. Denis Bouchard est un peu trop caricatural dans son rôle de Levene, un ancien vendeur étoile maintenant déchu.

La mise en scène que fait Frédéric Blanchette de Glengarry Glen Ross présente de grandes qualités visuelles. Le décor reproduit l’ambiance glauque des bureaux de l’agence immobilière avec des classeurs de métal qui recouvrent les murs et un éclairage au néon. Par l’ajout de lanternes de papier et d’une enseigne lumineuse «Yes we’re open», la scène se transforme ponctuellement en restaurant qui semble être le refuge des personnages. Le procédé de changement de décor est simple, mais très efficace. La conceptrice de costumes Elen Ewing instaure aussi un jeu entre le succès de chacun des personnages au sein de l’entreprise et le goût dont ils font preuve dans l’agencement de couleurs de leurs habits. L’analogie est très drôle!

Outre une scène beaucoup trop longue entre les personnages de Williamson et de Levene au début du spectacle, Glengarry Glen Ross bénéficie d’un rythme punché qui capte l’attention et qui déjoue constamment les attentes du public.

L'événement en photos

Par François Laplante-Delagrave

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