«Les haut-parleurs» de Sébastien David à la Maison Théâtre | Bible urbaine

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«Les haut-parleurs» de Sébastien David à la Maison Théâtre

«Les haut-parleurs» de Sébastien David à la Maison Théâtre

Le jeu de la musique

Publié le 17 avril 2018 par Pierre-Alexandre Buisson

Crédit photo : Yanick Macdonald

Au cœur d’un été humide et écrasant, le Fils arrive dans une petite ville où il n’y a pas grand-chose à faire, et où il ne connaît personne, suite à la séparation de ses parents. Il a suivi son père jusqu’à cette bourgade surplombée par une cathédrale, et y fait tout d’abord la connaissance de son voisin, un vieux musicien solitaire. Il tombe ensuite sur Greta, une jeune fille pleine de fougue dont le copain est parti passer l’été aux États-Unis.

Le Fils (Gabriel Favreau) découvrira lentement la ville, amplifiant les liens d’amitié avec ces deux personnes très différentes, puis découvrant entre elles des liens étonnants. Et le spectateur replongera avec lui dans sa propre enfance, à cette époque bénie où les légendes urbaines semblaient toujours crédibles, et où la perception enfantine pouvait être magnifiée par l’opinion des autres, car le jugement n’était pas encore formé.

Il est étonnant de voir à quel point l’écriture fluide de Sébastien David, et la façon très sensible et universelle avec laquelle il aborde la solitude et l’amitié, font de ce texte un baume au cœur autant chez les jeunes que chez les adultes.

Cet enfant du divorce, qui laisse beaucoup de détails personnels dans le noir, est taciturne et réservé, et s’ouvrira au contact de ses deux influences. Toute autorité parentale est évacuée du récit, et ce père absent est aussi absent de la scène que du récit.

Pour les habitants de cette ville comportant ses petits secrets, le Voisin (touchant Richard Thériault) voit son excentricité devenir un handicap, et devient en quelque sorte, dans l’imaginaire collectif, le pervers du village. Alors que rien n’est plus éloigné de la vérité, on ne peut s’empêcher de profondément ressentir l’injustice, et ce malentendu nous mène tranquillement au moment le plus fort de la pièce.

Il est intéressant d’entendre les compositions et de carrément ressentir la conception sonore d’Olivier Girouard, deux éléments indispensables au récit. La visualisation de l’univers dans lequel évoluent les personnages est accentuée à travers les enregistrements des sons de la forêt, ou des bruits de la vie quotidienne, qui nous font réaliser qu’on écoute généralement très peu attentivement les sonorités qui nous entourent.

En tournée depuis deux ans, la pièce a obtenu un succès d’estime et critique amplement mérité. Cette pièce qui fait voyager son spectateur adulte dans le temps, générant une certaine nostalgie, et qui confronte le public adolescent à des enjeux qui les concernent directement, est une bien belle façon d’encourager la tolérance et l’ouverture d’esprit chez les jeunes, et on lui souhaite une très longue vie.

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Par Yanick Macdonald

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