«La Bibliothèque-interdite» au Théâtre Outremont du 23 au 31 octobre 2015 | Bible urbaine

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«La Bibliothèque-interdite» au Théâtre Outremont du 23 au 31 octobre 2015

«La Bibliothèque-interdite» au Théâtre Outremont du 23 au 31 octobre 2015

Lorsque le tango prend parole

Publié le 8 octobre 2015 par Marie-Hélène Proulx

Crédit photo : www.theatreoutremont.ca

Imaginez Sébastien Ricard, «le» Sébastien Ricard, membre fondateur de Loco Locass et interprète du rôle principal de Dédé à travers les brumes, qui vous tend la main, entouré de musiciens en chair et en os et qui vous propose de vous entraîner sur des airs de tango toute la soirée... une offre irrésistible, s'il en est une! Ce n'est toutefois pas des marins des anciens ports de Buenos Aires ni des illustres danseurs de cette célèbre ville qu'il reprendra les pas, ces soirs-là. Interprétant un bibliothécaire rêveur, il se laissera guider avant tout par son imaginaire sur la piste des poètes révolutionnaires.

Pourquoi avoir choisi d’illustrer ce pays de la danse, de la passion et de la révolution à travers une image aussi tranquille que celle d’un bibliothécaire? Peut-être pour rappeler qu’en Argentine, même certains bibliothécaires ont pu également démontrer leur passion et leur soif de justice.

C’est le cas notamment de Jorge Luis Borges, passionné toute sa vie par le milieu des livres et justement bibliothécaire aux environs de 1940 où se déroule la pièce. Il a aussi en commun avec le personnage qu’interprète Sébastien Ricard d’avoir subi quelques démêlés politiques à cause de ses positions de gauchiste et sa contestation du fascisme.

Le désir de liberté se fera sentir de manière d’autant plus criante, pour le personnage de fiction, que son drame se déroulera la tête dans les nuages et les notes de tango, mais les pieds bien au sol, sur la paille humide d’un cachot. Mais il ne s’y retrouvera pas emmuré avec ses souvenirs de l’existence de Borges, puisque d’autres poètes argentins révolutionnaires viendront nourrir ses rêves, dont Enrique Santos Discépolo et Roberto Arlt.

Arlt peut, de son côté, être considéré davantage comme un homme d’action et d’actes théâtraux, puisqu’il fut journaliste avant de devenir un précurseur du théâtre social argentin. Mais Discépolo ramène les spectateurs encore plus près du suave univers du tango, puisqu’il en fait son principal objet de composition. Ce détour vers les grands noms de la composition musicale d’Argentine était presque inévitable de la part d’un auteur comme Denis Plante, qui est également bandonéoniste du trio Tango Boréal, reconnu internationalement pour sa contribution au tango contemporain.

Denis Plante et le Tango Boréal, qui l’accompagnent sur scène, se sont toutefois concentrés sur la part musicale et dramaturgique, laissant tout l’art du geste et de la mise en scène entre les mains de Ricard ainsi  que de la metteure en scène Brigitte Haentjens, qui est aussi directrice artistique du Théâtre Sibyllines.

Le tango sera donc bien entouré, ce soir-là, pour que l’esprit soit enivré par son univers. Ricard osera-t-il ensuite faire le premier pas pour dépasser les mots et le chant et explorer la sensualité complexe de la danse? La vidéo annonçant le spectacle laisse espérer que oui. Il ne reste donc plus qu’à en rêver…

https://www.youtube.com/watch?t=270&v=rt909t1QM-A

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