«Nos luttes morcelées» du Théâtre de l’Odyssée à l'école primaire Élan | Bible urbaine

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«Nos luttes morcelées» du Théâtre de l’Odyssée à l’école primaire Élan

«Nos luttes morcelées» du Théâtre de l’Odyssée à l’école primaire Élan

En équilibre sur le fil du rêve

Publié le 10 juillet 2018 par Pierre-Alexandre Buisson

Crédit photo : Audrey-Anne Reysset

Ce n’est pas par hasard que cette création déambulatoire a lieu dans une école; on y traite entre autres des balbutiements de nos personnalités, des déchirements formateurs qu’on ressent dans le cadre de notre éducation et du fait qu’il faut lutter pas mal toute notre vie pour garder le moral, et le cap.

La lutte métaphorique pour notre survie est au cœur de l’expérience, dont les créateurs investissent plusieurs pièces de l’école primaire Élan et la transforment en lieu de culte à l’enfance, cette période bénie où tout est possible et où tout nous apparaît magnifié par le prisme de l’émerveillement – tout est toujours plus grand, et inédit, lorsqu’on le voit pour la première fois. Le petit groupe de spectateurs est guidé par un concierge parfois un peu confus (Gabriel Bourdua) qui introduit par des dialogues philosophiques les vignettes dont nous nous apprêtons à être témoins.

Ces vignettes mélangent plusieurs disciplines – danse, musique, funambulisme – et nous exposent à des personnages qui souffrent, qui sont en conflit avec leurs choix ou avec eux-mêmes. Qu’on se retrouve devant une militaire qui s’habille les yeux bandés en crachant sur le sol d’une salle de bain, d’une femme déroutée qui est devenue forgeronne par dépit, ou au milieu d’une entrevue d’embauche surréaliste (le moment le plus amusant de tous), le sentiment d’étrangeté ne nous quitte jamais, comme si on se retrouvait au sein d’un rêve particulièrement décalé.

La structure des songes est d’ailleurs une inspiration pour les membres du Théâtre de l’Odyssée, qui ont collectivement écrit le texte et qui y explorent le concept de «champ de bataille». La guitare d’Olivier Monette-Milmore y est omniprésente et se révèle être un élément conducteur qui atteint son apogée dans le dernier tableau, qui implique des chants et la reproduction vivante d’un autoportrait de Frida Kahlo.

L’aventure est somme toute plutôt déroutante, et malgré quelques petites longueurs, l’ensemble suscite de la curiosité jusqu’à la finale. Les membres de la troupe ont su tirer profit de l’espace qu’offre l’école et y ont installé une ambiance insolite, presque onirique.

Nous avouons humblement ne pas tout avoir compris, mais ça n’est sans doute pas le but de l’expérience, et même les spectateurs les plus analytiques sauront sans doute y dénicher des pistes de réflexion.

La pièce «Nos luttes morcelées» en photos

Par Nicolas Biaux

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