«Dans la peau de…» la comédienne et metteure en scène Roxane Loumède | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» la comédienne et metteure en scène Roxane Loumède

«Dans la peau de…» la comédienne et metteure en scène Roxane Loumède

Mettre fin aux solitudes

Publié le 14 octobre 2016 par Sara Thibault

Crédit photo : Gracieuseté Troisième espace théâtre / Third Space Theatre

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé l'actrice et metteure en scène Roxane Loumède, qui nous parle des lacunes que comble sa compagnie Troisième espace théâtre / Third Space Theatre dans le paysage actuel du théâtre québécois.

1. Quel est ton parcours et qu’est-ce qui t’a amenée à fonder la compagnie Troisième espace théâtre/Third Space Theatre?

«À la fin de mon baccalauréat en «Theatre Performance» à l’Université Concordia, l’idée de fonder ma propre compagnie de théâtre s’est imposée comme une suite de parcours motivante. En tant que francophone évoluant dans un environnement anglophone, la mise sur pied d’un théâtre bilingue était logique et naturelle pour moi. La compagnie Troisième espace théâtre / Third Space Theatre est née au printemps 2015 avec Qui a peur de Margaret Atwood?, une pièce écrite et mise en scène par Michael Martini. Cette pièce explorait les notions de nationalisme chez les jeunes artistes. Puis cet été, la compagnie a présenté sa deuxième production, Mavericks and the Monokini; PLAY BALL!, une pièce féministe que j’ai créée et mise en scène, et qui mettait en vedette les textes de huit jeunes auteures anglophones et francophones de Montréal.»

2. Quel est le mandat de la compagnie?

«La mission de cette compagnie est non seulement de développer des récits qui sont riches d’un dialogue bilingue et qui reflète notre réalité, mais aussi d’établir de façon permanente un espace pour le théâtre bilingue dans la ville hétérogène qu’est Montréal. Mon espoir est de faire vivre un théâtre dans lequel la performance transcende et efface les barrières des ruptures linguistiques.»

3. Pourquoi faire du théâtre bilingue ?

«J’ai étudié le théâtre dans un environnement à la fois anglophone et francophone. Rapidement, j’ai constaté qu’il s’agit d’une position très rare chez les artistes québécois, que je faisais partie d’une toute petite minorité. J’ai vu à quel point les communautés francophones et anglophones de théâtre pourtant vivant dans la même ville ne se parlent pas et ne se connaissent pas. On voit de plus en plus d’échanges dans d’autres disciplines artistiques comme la musique, les arts numériques et visuels, mais j’ai l’impression qu’il y a encore du travail à faire dans le milieu théâtral. Les établissements d’enseignement anglophones devraient mieux faire découvrir le théâtre québécois à leurs étudiants venus des quatre coins du Canada. Je pense notamment que les finissants bilingues de Concordia qui le désirent devraient pouvoir participer aux auditions, en français, du Théâtre de Quat’Sous. Ce serait pour eux une occasion en or de se faire connaître du milieu francophone.

Je fais du théâtre bilingue également pour le défi créatif que cela me procure: jouer avec différents accents, prendre la liberté de sauter d’une langue à une autre durant un dialogue, exploiter des expressions «franglaises»… Tout cela donne une couleur intéressante à la performance, autant pour l’acteur qui joue la pièce que pour les spectateurs qui y assistent. Ces nouvelles créations permettent de réunir des personnages qui proviennent de différentes origines ou backgrounds et ainsi représenter un peu plus le monde dans lequel on vit aujourd’hui.

En tant qu’artiste de la scène, parvenir à faire comprendre une histoire à un public qui ne maîtrise pas nécessairement les deux langues représente aussi un défi super intéressant. Cela nécessite de ne pas tout miser sur la parole, d’utiliser le langage du corps et d’inventer différentes stratégies de mise en scène.»

4. Pourquoi avoir délaissé le jeu, ce pour quoi tu as été formée à l’école, pour te tourner davantage vers la mise en scène ?

«Je n’ai pas délaissé le jeu, bien au contraire. Je pense que l’un n’empêche pas l’autre. Même qu’en faisant de la mise en scène, je me retrouve à apprendre beaucoup sur le métier d’acteur. Faire de la mise en scène et de la production tout en poursuivant ma carrière de comédienne m’est très enrichissant. Chacune de ces disciplines comble chez moi des besoins et des envies de création différents. Nous sommes dans un monde tellement compétitif que je pense qu’il est très important d’avoir plusieurs cordes à son arc. Les conditions des artistes aujourd’hui font en sorte qu’il vaut mieux développer sa polyvalence pour être capable de travailler à plein temps.»

5. Quel est le projet sur lequel tu travailles en ce moment ?

«Pour ma prochaine production, je travaillerai avec l’artiste interdisciplinaire Peter Shaw, membre du collectif Obra Anaïs performance ensemble. Nous allons revisiter la pièce Les Bonnes de Jean Genet, une histoire de pouvoir et de désirs dont l’action sera transportée à Montréal dans un manoir de Westmount. Nous espérons pouvoir le produire d’ici l’automne 2017 ou début d’hiver 2018.»

Pour consulter nos chroniques «Dans la peau de…», suivez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

L'événement en photos

Par Gracieuseté Troisième espace théâtre / Third Space Theatre

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