«Dans la peau de...» la metteure en scène Olivia Palacci | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» la metteure en scène Olivia Palacci

«Dans la peau de…» la metteure en scène Olivia Palacci

Explorer une nouvelle façon de vivre un texte théâtral

Publié le 19 août 2016 par Alexandre Provencher

Crédit photo : Sébastien René

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé la metteure en scène Olivia Palacci, qui nous parle de son immersion dans l'univers fabuleux du théâtre et de sa première création, Rabbit.

1. Comment s’est déroulée ton immersion dans l’univers fabuleux du théâtre?

«Plus jeune, j’étais loin d’être une élève modèle. Les écoles ne me gardaient pas très longtemps. J’ai passé tout mon primaire, mon secondaire et même mon cégep à vouloir jouer ou m’amuser. Je n’avais pas envie d’intégrer par cœur les matières enseignées. J’avais envie de les comprendre ce que je n’arrivais pas à faire en classe. Pour moi, tout était formules, grammaire et je trouvais ça extrêmement ennuyant.»

«Un jour, en plein milieu d’une année scolaire, j’intégrais une nouvelle école. Je me souviens que le directeur tenait à interrompre un cours pour me présenter à ce qui allait devenir ma classe pour les prochains mois. Cette journée-là, les étudiants avaient appris un poème par cœur, le même pour tout le monde. Les étudiants passaient un par un devant la classe avant de se faire noter à haute voix par la prof. Le directeur et moi sommes entrés en plein poème d’une étudiante. Cette fille, qui est devenue ma meilleure amie par la suite, est restée debout devant la classe tout au long de mon intégration au groupe. Quand je me suis assise, elle a repris le poème à partir du moment où le directeur avait cogné à la porte. 6.5 sur 10. J’avais trouvé la prof cheap. Quatre autres étudiants passèrent après elle. C’était apparemment les derniers à devoir réciter le poème. À la fin, la prof a demandé à la classe d’ouvrir un cahier spécifique. Pendant que tout le monde s’exécutait, j’ai demandé: «Pis moi? Est-ce que je peux dire le poème, moi aussi?». Je me rappelle du moment de suspension que cette question avait créé dans la classe. En deux secondes, j’étais en avant dans un costume d’écolière beaucoup trop petit pour moi à réciter le poème. Tous ceux qui étaient passés avant moi m’avaient montré en récitant le poème quoi faire et quoi ne pas faire. Pour moi, ce n’était pas du par cœur. Je comprenais quoi dire et par où passer pour faire défiler le texte. Ça a été mon premier 10 sur 10. Cette récré-là était vraiment cool

2. La semaine prochaine, tu interpréteras le rôle de Sandy dans la production montréalaise Rabbit, une pièce écrite par Nina Raine à La Licorne, en plus d’y signer la mise en scène. Résume-nous, en quelques mots, cette pièce et ce qu’elle représente pour toi.

«Bella fête son 29e anniversaire dans un bar de la ville. Elle a décidé que tous ses amis se rencontreraient. Pour l’occasion, elle réunit donc Richard, son ex-copain, Emilie, Sandy et Tom, un ancien amant croisé par hasard. À mesure qu’ils s’enivrent, ils apprennent à connaître les secrets des uns et des autres, mais, rapidement, quelque chose les scinde et le bar se transforme en champ de bataille…»

«Chaque pièce que je monte finit par avoir une signification spécifique. Pour ce texte de Nina Raine, j’avais envie d’explorer une nouvelle façon de vivre un texte théâtral. On voulait faire exister des personnages dans un lieu autre qu’une scène tout en restant au théâtre. C’est donc dans le bar de La Licorne que nous allons parler un peu de nous, car comme ces personnages, toute notre équipe est en plein dans les alentours de la fameuse trentaine.»

«Avec Rabbit, nous parlons des relations hommes-femmes, de la maladie, de l’amour, de cul, de l’amitié, des sentiments qui parfois bloquent et chavirent, de la mémoire et des Kinder Surprise.»

«Inévitablement nous parlons du temps qui défile et qui nous change, individuellement et collectivement, même si parfois c’est contre notre désir.»

«Il y a une théorie que j’aime beaucoup qui dit que nous vivons les choses non pas pour le vivre dans le moment présent, mais plutôt pour en avoir le souvenir. Le moment présent est éphémère, le temps de le vivre, il est déjà passé. Par contre, le souvenir, lui, reste. Nous vivons avec ces souvenirs qu’ils soient beaux ou non. C’est ici que l’interprétation et la perception jouent un grand rôle, car c’est grâce à elles si nous allons vivre avec un bon ou un mauvais souvenir. Pour certains, «tout est une question de perception». La beauté de la chose, c’est que pour un même évènement, chaque témoin en conservera une interprétation différente.»

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