«La vague parfaite» de Guillaume Tremblay au Théâtre d’aujourd’hui | Bible urbaine

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«La vague parfaite» de Guillaume Tremblay au Théâtre d’aujourd’hui

«La vague parfaite» de Guillaume Tremblay au Théâtre d’aujourd’hui

Épopée sud

Publié le 5 juillet 2017 par Pierre-Alexandre Buisson

Crédit photo : Toma Iczkovits

Les surfeurs sont généralement une excellente cible pour le post-humour; souvent représentés comme des babas cool dociles et légèrement niais, ils vivent selon des préceptes zen un peu dépassés, se tenant en marge des réalités sociales telles que le concept du travail ou le cancer de la peau. S’imaginer un opéra surf est une opération de création tellement inattendue que même les plus ardents amateurs des membres de la troupe du Théâtre du futur en sont tombés en bas de leur chaise.

À Tahiti, quelque part dans un futur pas si lointain, une communauté composée de pseudo-hippies aux origines variées vit de smoothies et de surf. Les champions du groupe, imperturbables, exercent un droit de «cruisage» sur toute nouvelle arrivante, et sont adulés par un groupuscule de wannabes. John-Nathan trône au sommet de la pyramide, suivi pas très loin derrière par Joe Coal. Ils attendent la vague parfaite, et n’ont aucune autre raison de vivre. Lorsqu’une journaliste vient leur annoncer qu’un tsunami va détruire leur paradis et semer une certaine zizanie en s’offrant au plus cool du groupe, la dynamique changera drastiquement et la paix sera compromise.

Après notre adulation sans équivoque pour la Trilogie du Futur, présentée intégralement ce printemps au Théâtre aux Écuries, nous étions déjà quelque peu familiers avec l’humour absurde et critique de l’équipe, mais on doit avouer avoir ressenti quelques longueurs pendant le deuxième acte qui, malgré ses détours «lovecraftiens» et ses retournements géopolitiques hilarants, aurait pu être amputé de quelques segments.

Les dialogues, majoritairement chantés en italien, en allemand et en français, sont pénétrés de l’esprit de Guillaume Tremblay, mais certaines répliques qui se veulent provocantes tombent à l’eau. La fraîcheur de la forme, un opéra qui respecte une certaine structure narrative, mais qui prend d’énormes libertés avec tout le reste, est aussi une contrainte un peu visible.

On ne rate toutefois aucun cliché de surfeur: dreads, Jack Johnson, polyamour, barres au granola, guitare au coin du feu, Gaya… On se croirait par moments dans une version revisitée sur l’acide du film The Beach, avec une délicieuse narration de Tremblay lui-même, qui fait figure de patriarche pour les surfeurs ébranlés par une série d’incidents.

C’est, au final, une pièce parfaitement estivale, un opéra original et ludique, avec beaucoup d’originalité et une interprétation énergique, pétrie de bonne humeur, qu’il faut juger dans son contexte et ne pas comparer à un classique des mêmes créateurs comme Épopée Nord ou L’Assassinat du président.

L'événement en photos

Par Toma Iczkovits

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