«Variations sur un temps» de David Ives au Théâtre de Quat’Sous | Bible urbaine

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«Variations sur un temps» de David Ives au Théâtre de Quat’Sous

«Variations sur un temps» de David Ives au Théâtre de Quat’Sous

C’est juste une question de timing

Publié le 9 octobre 2015 par Alice Côté Dupuis

Crédit photo : Yanick Macdonald

Variations sur un temps, de David Ives. 5 pièces/6 joueurs. 1:14:56, annonce-t-on d’emblée sur le mur du Théâtre de Quat’Sous, comme pour prévenir le spectateur de ce qui l’attend. Mais malgré ces précautions, malgré l’habile distribution habituée au registre comique, et malgré que la pièce ait déjà été montée dans le même théâtre il y a près de vingt ans et qu’elle avait alors déjà connu un vif succès, jamais les spectateurs ne pouvaient s’attendre à un spectacle aussi bien ficelé, certes, mais surtout aussi déjanté et amusant.

Ils sont trois comédiens de chaque sexe; Simon Lacroix, Anne-Élisabeth Bossé, Mani Soleymanlou, Geneviève Schmidt, Daniel Parent et Émilie Bibeau. Ils ont précisément une heure, quatorze minutes et 56 secondes pour jouer cinq pièces, durant lesquelles ils interpréteront chacun de trois à quatre personnages. Le défi est de taille, le compte à rebours est commencé et on veut savoir si le temps les dépassera ou s’ils le vaincront. Si leurs personnages ne gagnent pas toujours leur course contre la montre, les comédiens, eux, méritent tous les honneurs.

Car il y a un travail titanesque derrière ces Variations sur un temps, mis en scène par Eric Jean, directeur artistique et général du Théâtre de Quat’Sous: le magnifique et ingénieux décor imaginé par Pierre-Étienne Locas, représentant des casiers d’école à usages multiples entourant un espace de jeu épuré; les costumes colorés, bien agencés et kitsch à souhait de Cynthia St-Gelais, bien sûr; mais aussi la livraison de répliques punchées, au bon moment et avec la bonne intonation de la part des comédiens. La réussite de ce spectacle est malgré tout plus large qu’une question de timing, comme le veut la thématique de la pièce.

D’abord en scène, Simon Lacroix et Anne-Élisabeth Bossé, alias Roch et Amélie – des espèces de bobos – l’un étant grand fanatique de mini-putt et de jeux de mots grivois, l’autre, un peu naïve et se laissant emporter par le jeu miniature autant que par le jeu de séduction. Puis, Mani Soleymanlou et Geneviève Schmidt, en Roch et Annie, un couple bien assorti, très rieur et bon vivant. Suivent ensuite Daniel Parent et Émilie Bibeau, interprétant à leur tour Roch et Émilie, une paire moins bien assortie, au grand dam de ce troisième Roch, qui connait moins de succès avec ses techniques de séduction que ses prédécesseurs.

Jouant tour à tour sensiblement la même scène, mais avec une multitude de nuances et de variations, tandis que les autres paires demeurent sur scène et continuent d’interagir, les trois duos en viendront bientôt à répondre aux répliques des autres tout en demeurant dans leur propre pan d’histoire. À la fois mélangeant, impressionnant et hilarant, ce tour de force de la part des comédiens instaure dès le départ non seulement le sens du timing des acteurs, mais aussi le grand potentiel comique du spectacle.

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